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Histoire du Cinéma


Cinéma

Le cinéma naît à la fin du XIXe siècle. Si l'animation remonte au moins au XVIIe siècle, avec « Le thaumatrope », il faut attendre 1891 pour voir apparaître le premier brevet portant sur l'animation d'images photographiques et la fabrication réussie d'une première caméra argentique. Le spectacle collectif qui pourra en résulter prend naissance quelques mois plus tard. Dans de nombreux articles et livres, on peut lire encore aujourd'hui, et plus spécialement en France, que « les inventeurs du cinéma sont les frères Lumière ». Ils mettent au point et font construire une machine permettant d'enregistrer puis de projeter en public des vues photographiques en mouvement, qu'ils ont baptisée le cinématographe. À l'époque, la presse, invitée aux premières projections Lumière, parle, non pas du cinématographe, mais du « kinétoscope (ou du kinétographe) des frères Lumière ».

Le 22 décembre 1895, quand Auguste et Louis Lumière présentent leur invention aux savants de la Société d'encouragement, ils nomment encore « kinetoscope de projection » ou « kinétographe Lumière » leur appareil de prise de vues et de visionnement. L'appareil de prise de vues, inventé par Thomas Edison et son principal collaborateur, William Kennedy Laurie Dickson en 1891, la caméra Kinétographe, la première caméra, et l'appareil permettant de voir individuellement les films, le kinétoscope, sont cités en références, preuve de leur antériorité fonctionnelle. « Les bandes tournées par Dickson sont à proprement parler les premiers films. ».

L'invention des frères Lumière, ou plus exactement celle de Louis Lumière et de son ingénieur, Jules Carpentier, est à la fois une caméra et un projecteur (et même une tireuse de copies), ce qui va séduire les amateurs fortunés. Avec la possibilité de voir des vues photographiques animées sur grand écran, les frères Lumière lancent à travers le monde le spectacle des films, qu'avait ébauché le kinétoscope dans les Kinetoscope Parlors. Le cinématographe Lumière apparaît immédiatement non seulement comme un perfectionnement important des inventions de Dickson-Edison et de Reynaud, mais aussi comme un concurrent fatal à tous les spectacles animés préexistants ou naissants en 1895.

En français, l'apocope de la marque déposée Cinématographe, le cinéma, va s'imposer dans le langage courant en quelques années. Mais dans les autres pays, ce sont les moving pictures, les movies, et aussi le kino, et non pas le cinéma. L'Encyclopédie Larousse affirme : « Ce retentissement mondial conduira de nombreux historiens à considérer le 28 décembre 1895 comme la date de naissance du cinéma ». Elle évoque la projection que les frères Lumière organisent à Paris, pour le grand public, dans le Salon indien du Grand Café, au no 14 du boulevard des Capucines, mais ce n'était pas la première fois que des images photographiques en mouvement étaient montrées au public. Certes, le succès des projections du Grand Café donne un nouveau départ à l'exploitation des films, telle qu'Edison la pratiquait encore en 1895 avec succès sous une autre forme dans ses nombreux Kinetoscope Parlors, explique avec humour Édouard Waintrop, critique de cinéma et délégué général de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. « Alors que monsieur Edison a mis au point une petite boîte avec un éclairage très faible, qui permet à seulement une ou deux personnes isolées d'expérimenter ce phénomène d'images animées, les Lumière ont choisi un système qui permet de faire partager l'expérience à toute une assemblée ». « Louis et Auguste Lumière avaient fait le serment de signer ensemble toutes leurs inventions, mais nous savons aujourd'hui que certaines d'entre-elles reviennent en propre au cadet, Louis. Celui-ci ne fut pas seulement l'inventeur du cinématographe, cet appareil qui a permis, pour la première fois, la projection sur un écran d'une photographie animée de quelque durée. Il a également tourné des films, ébauché par la pratique une esthétique, formé des opérateurs, défini la plupart des genres cinématographiques que nous connaissons aujourd'hui. » En faire les initiateurs des projections animées sur grand écran pourrait sembler abusif, puisque c'est leur compatriote Émile Reynaud qui, le premier, le 28 octobre 1892, organise devant une assemblée publique payante la première projection animée sur grand écran du premier dessin animé. Quand était évoquée leur paternité exclusive du cinéma, Louis Lumière lui-même n’en revendiquait pas autant et corrigeait l'affirmation qui faisait de lui et de son frère ses seuls inventeurs, ainsi que le rapporte Maurice Trarieux-Lumière, petit-fils de Louis Lumière et président de l'Association Frères Lumière : « Mon grand-père a toujours reconnu avec une parfaite probité, j'en porte témoignage, les apports de Janssen, Muybridge et Marey, inventeurs de la chronophotographie, Reynaud, Edison et surtout Dickson ». Il est dommage que dans les premières décennies du xxie siècle, la fable des frères Lumière seuls inventeurs du cinéma, soit encore présente dans la majorité des articles ou livres sur le cinéma, encore vivace auprès de l'Institut Lumière même, dont on peut citer une phrase de présentation : « À l'automne 1894, Antoine Lumière s'adresse à ses deux fils Louis et Auguste pour leur demander de s'intéresser à ces images animées sur lesquelles Thomas Edison et quelques autres pionniers magnifiques butaient alors. ». Ces « pionniers magnifiques », le couple Edison-Dickson est pourtant bien à l'origine des premiers films du cinéma, ainsi que l'affirme Laurent Mannoni, conservateur à la Cinémathèque française des appareils du précinéma et du cinéma : les premiers films ont été enregistrés par le « Kinétographe (en grec, écriture du mouvement) : caméra de l’Américain Thomas Edison, brevetée le 24 août 1891, employant du film perforé 35 mm et un système d’avance intermittente de la pellicule par "roue à rochet". ». Les « pionniers magnifiques » ne butaient pas devant l'impossible : ils avaient déjà trouvé, aussi bien Dickson que Reynaud. « Cent quarante-huit films sont tournés entre 1890 et septembre 1895 par Dickson et William Heise à l'intérieur d'un studio construit à West Orange, le "Black Maria", une structure montée sur rail, orientable selon le soleil. » Il reste bien un énorme fossé technologique entre la création de Louis Lumière (la caméra Cinématographe, marque déposée) et celle du duo Edison-Dickson, la caméra Kinétographe, le prototype de toutes les caméras à venir. Cependant, l'Institut Lumière a quelque peu changé ses affirmations et le fameux hangar du premier film, présenté comme le lieu où avait été tourné le premier film de l'histoire, est dorénavant désigné « le lieu de tournage du Premier-Film Lumière. »14 Ce qui ne réduit d'ailleurs pas le génie de Louis Lumière ! Construire la machine appelée le cinématographe ne revient donc pas à inventer ce qui est au cœur du 7e Art, son essence même, les films16 Pas de films, pas de cinéma, pas d'audiovisuel ! Toutefois, toujours pour Laurent Mannoni, « le cinéma n'[est] pas apparu miraculeusement en 1895 », et « l'industrie des "photographies mouvementées" a pu éclore, dans les années 1890, grâce à des usages et des pratiques établis depuis des siècles ».

Les quatre étapes fondamentales de l'invention du cinéma, donc de ce qui fait l'objet même de la création cinématographique : les films, si l'on excepte l'invention de la gélatine argentique, une émulsion gélatineuse, faite à partir d'éléments d'origine animale - contenant une suspension de cristaux de bromure d'argent, fondement de la photographie argentique, qui concerne en premier chef la photographie, peuvent se classer chronologiquement ainsi :

 

Pour désigner les recherches qui précèdent l’invention des premiers films de cinéma, et qui n'utilisent pas le film souple de celluloïd, on parle selon les auteurs de précinéma, ou d'« archéologie », de « haute-époque » pour la période antérieure à 1895.

La date de 1888 peut être quelquefois retenue comme séparation entre le précinéma et le cinéma, l'invention du film souple en celluloïd par John Carbutt et sa commercialisation par l'industriel George Eastman en 1888 sous la forme de rouleaux de 70 mm de large étant la condition sine qua non pour amorcer un spectacle qui allait devenir une industrie culturelle. Certes, Reynaud utilisait un autre matériau, aussi de 70 mm de large mais constitué de carrés de gélatine indépendants pour plus facilement les colorier et les repérer l'un par rapport à l'autre par transparence. Ces carrés étaient assemblés et formaient une bande unique qui se déroulait d'une bobine à l'autre en passant par un système de projection, non pas mécanique, mais optique. La majorité des historiens du cinéma, comme l'Américain Charles Musser, n'ont pas la même définition du précinéma, et classent Edison et Reynaud dans cette catégorie, au motif que le mode de visionnement d'Edison n'était pas la projection, et que la pellicule de Reynaud n'était pas la pellicule 35 mm que nous connaissons encore aujourd'hui. Mais, si l'on se base sur ces remarques, la pellicule 35 mm à perforations rondes à raison d'un seul jeu par photogramme des frères Lumière n'était pas non plus la pellicule standard de cinéma à deux jeux de quatre perforations rectangulaires par photogramme mise au point par le duo Edison-Dickson. Ce qui conduirait de façon absurde à mettre l'invention des frères Lumière dans le précinéma. D'autre part, de nos jours les systèmes de visionnement sont le plus souvent étrangers à la projection (téléviseurs, ordinateurs personnels, écrans à cristaux ou plasma, smartphones), mais n'en présentent pas moins des films documentaires, des fictions de cinéma ou des séries de télévision. Les supports eux aussi se sont diversifiés, et le 35 mm relèvera bientôt de la muséologie, du moins en prise de vues cinématographique. Les disques numériques et autres supports de données numériques s'imposent inexorablement. Pour l'historien d'aujourd'hui, le cinéma ne doit pas être réduit à la définition de ses premières apparitions sur grand écran.

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